Si les Français n’ont pas manqué de critiquer le classement mondial des universités de Shanghai, ils n’avaient jusque-là proposé aucune alternative. C’est désormais chose faite puisque l’Ecole des Mines vient de sortir du bois et propose sa propre vision de l’excellence mondiale en proposant un classement international professionnel des établissements d’enseignement supérieur.
« Nous avons comptabilisé le nombre d’anciens de telle ou telle université parvenus à des postes de numéro un au sein des 500 plus grosses entreprises mondiales ». C’est, plus exactement, à partir du palmarès établi par le magazine américain Fortune que les Mines ont élaboré leur ranking. Pour chaque ancien placé à la tête d’une entreprise du « Fortune global 500 », l’université gagne 1 point. Et si un ancien est passé par deux universités, alors celles-ci gagnent chacune 0,5 point. La position de chaque établissement est ensuite déterminée par le total des points gagnés.
Les dirigeants de l’école d’ingénieurs du boulevard Saint-Michel à Paris ont voulu avant tout faire passer un message au monde académique : « Non, les grandes écoles françaises ne sont pas si mauvaises que ça, et oui vous pouvez venir étudier chez nous ». Le palmarès de l’Ecole des Mines s’intitule « classement international professionnel », par opposition au « classement académique » de l’université de Shanghai. L’idée, c’est que « l’enseignement supérieur doit avant tout former des étudiants à la vie professionnelle, à l’univers économique ». Une critique ouverte à l’encontre du classement de Shanghai qui met avant tout l’accent sur la production scientifique de chaque université.
Les 20 meilleurs établissements dans le monde, selon le classement des Mines (2007)
|
Rang |
Institution |
Score |
Nom “de marque” |
Pays |
|
1 |
Tokyo Univ |
100,0 |
Tokyo Univ |
Japan |
|
2 |
Harvard Univ |
89,0 |
Harvard Univ |
USA |
|
3 |
Stanford Univ |
57,0 |
Stanford Univ |
USA |
|
4 |
Keio Univ |
48,0 |
Keio Univ |
Japan |
|
5 |
Univ Pennsylvania |
39,0 |
Univ Pennsylvania |
USA |
|
6 |
Waseda Univ |
36,0 |
Waseda Univ |
Japan |
|
7 |
HEC |
35,0 |
HEC |
France |
|
8 |
Kyoto Univ |
30,0 |
Kyoto Univ |
Japan |
|
8 |
Univ Oxford |
30,0 |
Univ Oxford |
United Kingdom |
|
10 |
ENA |
29,5 |
ENA |
France |
|
11 |
Inst for Study of Politics – Paris |
26,5 |
Sciences Po Paris |
France |
|
12 |
Yale Univ |
26,0 |
Yale Univ |
USA |
|
13 |
Massachusetts Inst Tech (MIT) |
24,0 |
Massachusetts Inst Tech (MIT) |
USA |
|
13 |
Osaka Univ |
24,0 |
Osaka Univ |
Japan |
|
15 |
Ecole Polytechnique |
23,5 |
Ecole Polytechnique |
France |
|
16 |
Seoul Natl Univ |
23,0 |
Seoul Natl Univ |
Korea |
|
17 |
Univ Muenster |
22,0 |
Univ Muenster |
Germany |
|
18 |
Fordham Univ |
21,0 |
Fordham Univ |
USA |
|
18 |
Pennsylvania State Univ – Univ Park |
21,0 |
Pennsylvania State Univ – Univ Park |
USA |
Le classement complet des meilleurs établissements dans monde par l’école des Mines est disponible dans ce fichier pdf.
Se voulant une réplique au classement de Shanghai, l’étude de l’Ecole des Mines met toutefois elle aussi en évidence la prédominance des établissements américains: Harvard, Stanford et l’université de Pennsylvanie figurant dans les cinq premiers. Même si c’est l’université de Tokyo qui s’arroge la première place
Au-delà des résultats individuels de ses écoles et universités, la France n’a pas à rougir de ses résultats: elle arrive au 3e rang des pays qui ont formé quatre dirigeants et plus des 500 entreprises considérées, derrière le Japon et les Etats-Unis mais devant la Grande-Bretagne. L’Hexagone occupe également la 3e place si on prend en compte les pays qui ont formé trois ou deux dirigeants quand les Etats-Unis décroche, dans les deux cas, la première place.
“Les performances d’un pays sont en en grande partie liées au nombre d’entreprises répertoriées par Fortune Global 500 dans les pays étudiés. Car à notre surprise, les effets de la globalisation restent encore peu visibles au niveau de la formation des dirigeants. La plupart des entreprises sont dirigées par des personnes qui ont fait leurs études supérieures dans leur pays d’origine”, souligne Benoît Legais.
Des résultats qui devraient toutefois évoluer au cours des prochaines années car les populations étudiées ont quitté les bancs de l’école il y a une trentaine d’années. Et c’est sans doute une des principales faiblesses de ce classement: il reflète le passé mais ne donne pas d’informations sur le présent…
Source : Boivigny & La Tribune
A lire également
Tags: classement, école, établissement, université