Elles sont libres les facs… Du moins pour 20 d’entre elles. Des pionnières qui seront dès demain jetées dans le grand bain de l’autonomie. Un projet très ambitieux voulu par Valérie Pécresse qui n’hésite pas à parler de «révolution culturelle» lorsqu’elle évoque cette réforme qui «fait le pari de la liberté et de la responsabilité». Dotées de compétences élargies, ces universités géreront leur budget, leur masse salariale et leurs ressources humaines, autrement dit le recrutement de leur personnel, mais aussi la gestion de leur carrière. Ces premières élues représentent 315 000 étudiants (soit environ 20 % des effectifs universitaires) et 19 000 enseignants-chercheurs.
Leur choix avait été arrêté fin juillet par la ministre de l’Enseignement supérieur, après un audit, basé sur quatre critères directement inspirés de l’entreprise : gestion comptable et financière, gestion des ressources humaines, des systèmes d’information et la gestion immobilière. Concrètement, les présidents de ces premières facultés autonomes pourront donc titulariser leurs enseignants, organiser leur avancement, les recruter en CDD ou en CDI. Autant de tâches pour lesquelles ils devaient auparavant en référer à l’État qui gérait la masse salariale des universités comme la rénovation de tel ou tel amphi. Enfin, ces nouveaux managers de l’enseignement pourront décider des primes et de l’intéressement à distribuer à chacun.